INSOLITE : Découverte des écluses à poissons de l'île de Ré

Les écluses à poissons font partie intégrante du paysage rétais et figurent parmi les plus anciens témoignages du patrimoine maritime remarquable de Charente-Maritime. C'est à marée basse que l'on découvre avec étonnement ces grandes pêcheries en pierres sèches en forme de demi-cercle. Les plus anciennes datent du début du XIe siècle. On vous en dit plus !

Découverte des écluses à poissons de l'île de Ré

A quoi ça ressemble ?

L'écluse à poissons est un piège à poissons constitué de murs de pierres sèches en forme de fer à cheval ouvert côté terre et fermé côté mer. Construite sur l'estran, elle s'étend sur une longueur de 400 à 800 m, voire plus. Au fur et à mesure que l'écluse avance dans la mer, le mur devient de plus en plus haut, de 30 cm à 2 m au plus loin de la côte. Les murs, très épais, sont montés en croisant les pierres pour garantir la stabilité de l'ouvrage, sans jamais utiliser de ciments. On trouve des écluses similaires sur l'île d'Oléron, Noirmoutier, mais aussi dans le sud de l'Andalousie en Espagne, ainsi que dans l'archipel tunisien des Kerkennah.

Comment ça fonctionne ?

Le principe est simple, mais diablement efficace. Recouverts à marée haute, les murets retiennent les poissons quand la marée descend. L'eau s'écoule grâce à des ouvertures percées dans les murs, piégeant ainsi le poisson dans l'écluse.
De cette façon, on peut capturer plus facilement un grand nombre de poissons tels que des seiches, daurades et parfois même des bars. Outre le fait d'avoir apporté des siècles durant un moyen de subsistance à la population locale, les écluses permettaient également de faire obstacle aux assauts de l'océan et à l'érosion.

Et dire qu'elles ont failli toutes disparaître !

L'écluse à poisson est une méthode de pêche traditionnelle qui existe depuis le Moyen-Âge. Certaines pêcheries remonteraient même à l'époque gallo-romaine ! C'est à partir du XVe siècle et sous l'impulsion de Colbert que ces grandes pêcheries en pierres sèches fleurissent un peu partout en Charente-Maritime, sur la côte entre la Vendée et l'Aunis.
Lors de l'inventaire de 1727, on dénombrait encore 140 écluses à poissons rien que sur l'île de Ré. Toutefois, dans les années 1870, les autorités décident de la destruction de bon nombre d'ouvrages considérés comme un danger potentiel pour la navigation. L'interdiction absolue de toute nouvelle construction d'écluse sera actée en novembre 1947.
Aujourd'hui, il ne subsiste qu'une petite quinzaine d'écluses à poissons sur l'île de Ré comme l'écluse de La Paillarde à Sainte-Marie-de-Ré ou encore l'écluse de la Moufette qui s'étend sur 8 hectares à Saint-Clément-des-Baleines.
L'Adépir (Association de défense des écluses à poissons de l'île de Ré) participe activement à la sauvegarde et à la restauration de ces constructions ancestrales. L'association propose également des visites guidées de mai à septembre. Et pour devenir incollable sur le sujet, nous vous conseillons la visite de l'espace muséographique de l'ANCRE Maritaise à Sainte-Marie-de-Ré.

 

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Publié le 31/12/2018 dans catégorie : Ile de Ré
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